• Séminaire/Journée d'études,

Atelier doctoral "La notion de relation Etat-société dans une perspective comparative"

Publié le 8 février 2018 Mis à jour le 8 février 2018
Date(s)

le 9 février 2018

Lieu(x)
Institut du Monde Anglophone,
5 rue de l'Ecole de médecine,
75006 Paris
Salle : Petit Amphi
Depuis le XVIIIème siècle, la pensée européenne a été influencée par la distinction entre Etat et société, distinction commençant à se cristalliser dans le contexte de la construction de l’Etat-nation moderne. Aux XVIIIème et XIXème siècles, la relation Etat-société était souvent pensée en termes d’autonomie et d’émancipation, tendant vers une analyse dichotomique, voire antagoniste des deux termes. La deuxième partie du XIXème siècle observe même sa quasi-disparition (parce que considérée, au vu de la « question sociale », par exemple, comme inadéquate pour penser l’interpénétration de plus en plus complexe de l’Etat et de la société) alors que les années 1980 consacrent sa redécouverte dans un contexte de lutte contre les régimes totalitaires. Les critiques faites aux interprétations dichotomiques, même antagonistes, de la relation Etat-société ont été ressuscitées dans le contexte de ces luttes mais elles n’ont pas cette fois ci menées à l’abandon du concept. C’est plutôt un corpus croissant de littérature académique internationale qui explore, modifie et tente d’appliquer (généralement via des recherches sur la « société civile ») un concept qui, quelle que soit sa définition, est largement accepté comme au fondement de l’ordre démocratique (Keane 1988/2010). Cette nouvelle association dans la théorie politique de la relation Etat-société avec la démocratie libérale et son rôle dans la recherche d’un équilibre entre les demandes de pluralisme (par ex. liberté et autonomie dans la formation des identités des individus ainsi que des groupes) et de citoyenneté (par ex. les normes de « civilité ») a indéniablement des implications normatives (cf. Rosenblum/Post 2002 ; Chambers/Kopstein 2009). Néanmoins, cela n’a pas empêché l’utilisation de ce concept dans la recherche académique, non seulement dans les sciences politiques et sociales mais aussi comme « idéaltype » (fortement débattu et contesté) pour l’analyse et l’interprétation des développements, structures sociales et institutions historiques (cf. Kocka 2000 ; Gosewinkel 2011).
Pour les intéressés des perspectives comparatistes, la compréhension et l’application de cette notion devient encore plus complexe quand elles essayent de s’orienter dans les discussions académiques aux contextes culturel et linguistique variés. Dans d’autres cultures académiques, la discussion peut être confinée à d’autres disciplines (voire semble absente), ou différentes catégorisations et terminologies peuvent être utilisées. Différents problèmes et critiques peuvent être formulés, ou semblables, mais utilisant des langages ou approches différentes. Cela est complexifié par le fait qu’une grande partie du discours récent sur le concept a été relayé par le terme anglais de « civil society », alors que l’histoire conceptuelle est marquée aussi bien par les convergences que les divergences entre des traditions « nationales ».
Le but de cette journée d’études est de réunir des doctorant-e-s avec des chercheur-e-s expérimenté-e-s afin d’explorer la relation Etat-société comme une approche théorique ou heuristique dans le cadre de leur recherche. L’objectif est d’unir les ressources pour aider à une réflexion sur ce concept et son
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application dans la recherche au-delà les limites nationales/linguistiques et disciplinaires afin d’accroitre la sensibilisation des débats et les problématisations (et ressources) en dehors de la culture académique de chaque participant. Cela sera fait, non par abstraction, mais à travers les réflexions des participants sur la relation Etat-société par le prisme de leur propre projet de recherche. Comment ce concept peut-il fournir un cadre (ou pourquoi ne serait-il pas utilisable ?) pour l’analyse et l’interprétation de leur matière ? Quels problèmes conceptuels ou pratiques rencontrent-ils dans l’opérationnalisation de ce concept ?


Programme

8h30 Accueil/Welcome

8h45 Présentation/Ouverture à la thématique (avec les chercheur-e-s invité-e-s : Roman KRAKOVSKY, Université de Genève ; Sylvie LE GRAND-TICCHI, CEREG/Paris-Nanterre ; Armin OWZAR, CEREG/Paris 3)

9h15 Section 1 (Président de séance/chair: Armin OWZAR, CEREG/Paris 3)
Johannes NAGEL (Universität Bielefeld)
Nationalism and Militarism in the US, 1880-1900

9h45 Pause/Break

10h00 Section 2 (Présidente de séance/chair: Yaneira WILSON, Université Paris-Nanterre)

Barthélémy BILLETTE (Université Paris-Nanterre)
La vice-royauté du Pérou sous le mandat du Duc de la Palata (1681-1689) : réformer l'Etat pour protéger la société
Andrea AZZARELLI (Università degli Studi di Milano)
Etat et société civile au quotidien : la Sécurité Publique italienne et le cas de la Sicile (1896-97)

11h00 Pause/Break

11h15 Section 3 (Président de séance/chair: Roman KRAKOVSKY, Université de Genève)
Daniel SCHRADER (Universität Regensburg)
Between ‘State’ and ‘Society’? Delegates to Samara's City Duma and other representative institutions in Revolution and Civil War, 1917-1918
Victor PINEDA (Université Paris-Nanterre)
Les frontières perméables entre le bureau et le territoire. Esquisse d’une ethnographie de l’Etat vénézuélien
Yaneira WILSON (Université Paris-Nanterre)
Le « socialisme du XXIe siècle » au Venezuela et la GMVV

12h45 Déjeuner libre/Lunch break

14h15 Section 4 (Présidente de séance/chair: Sylvie LE GRAND-TICCHI, CEREG/Paris-Nanterre)
Lise VAN DER EYK (CEREG/Paris 3)
The School between the State and Civil Society (?) in the Political Discourse during the European “Culture Wars” (Prussia, France, Netherlands)
Shorena ASABASHVILI (Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis)
L’Etat géorgien entre le libéralisme et le conservatisme religieux

15h15 Pause/Break

15h30 Concluding remarks and round table discussion (Président de séance/chair: Armin OWZAR, CEREG/Paris 3)

16h00 Clôture/Closure
Organisation/Contact :
Lise VAN DER EYK (CEREG/Paris 3)
inger-lise.vandereyk@etud.sorbonne-nouvelle.fr


Mis à jour le 08 février 2018